Robot de surveillance ou agent de sécurité : quel coût pour protéger un site 24h/24 ?
Assurer une présence 24 heures sur 24 sur un site coûte cher, et le chiffre réel surprend souvent. Voici ce que coûte un poste de gardiennage permanent, pourquoi il mobilise plus de cinq salariés, et ce qu'un robot de surveillance change dans l'équation.
Ce que coûte réellement un poste de gardiennage 24h/24
Les tarifs des sociétés de sécurité privée sont rarement publics. Un document l'est pourtant : un devis de 2024 d'une société de sécurité privée, publié par la Préfecture de Loire-Atlantique dans le cadre d'une procédure administrative. Il chiffre un poste d'agent de sécurité tenu 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, soit 8 760 heures par an.
Le montant : 243 928,19 € HT par an, soit environ 20 300 € HT par mois, ou un peu moins de 28 € HT de l'heure. Ce forfait inclut la masse salariale, l'encadrement, les frais de structure et le matériel. C'est un ordre de grandeur réaliste pour une présence humaine permanente sur un seul poste.
Pourquoi un seul poste mobilise plus de cinq salariés
Un salarié à temps plein du secteur privé travaille 1 607 heures par an. Pour couvrir les 8 760 heures d'une année complète, il faut donc l'équivalent de 5,5 salariés à temps plein par poste, avant même de compter les absences, les congés de maladie et la formation. C'est ce qui explique le coût : on ne paie pas une personne, on paie une équipe qui se relaie jour et nuit, week-ends et jours fériés compris.
La vigilance humaine a ses limites
La recherche en psychologie le montre depuis les travaux de Mackworth en 1948 : lors d'une tâche de surveillance prolongée, la précision de détection chute nettement dès les 30 premières minutes, puis continue de baisser. Ce n'est pas une question de sérieux : c'est le fonctionnement normal de l'attention humaine, particulièrement la nuit, face à des écrans ou à un site où il ne se passe presque rien.
Ce qu'apporte un robot de surveillance
- Une présence continue et visible : le robot patrouille selon un calendrier défini, sans relâchement en fin de nuit.
- Une détection constante : l'intelligence artificielle analyse chaque image avec la même attention, et distingue personnes, véhicules et animaux.
- La dissuasion : projecteur, stroboscope et haut-parleur permettent d'interpeller un intrus à distance.
- La levée de doute à distance : en cas d'alerte, le robot se rend sur place et transmet des images, de jour comme de nuit.
Selon une étude IDC citée par Security Magazine, un robot de sécurité revient, une fois amorti, à environ la moitié du taux horaire d'un agent humain. Avec un abonnement, l'écart est souvent bien plus marqué.
Ce qu'un robot ne remplace pas
Un robot n'interpelle pas physiquement, ne contrôle pas des accès et ne remplace pas les agents imposés par la réglementation. Par exemple, certains établissements recevant du public ou immeubles de grande hauteur doivent disposer d'agents de sécurité incendie qualifiés (SSIAP). L'approche la plus efficace est souvent hybride : le robot assure la présence et la détection en continu, et l'intervention humaine est déclenchée quand elle est réellement nécessaire.
Combien coûte OpenDefense
L'abonnement OpenDefense va de 600 à 1 200 € HT par mois et par site, selon la surface, le nombre de patrouilles et les options (comme la station de recharge automatique). Il comprend la surveillance 7j/7, les patrouilles planifiées et à la demande, la détection IA, les alertes avec photos, l'espace client et la supervision par nos opérateurs.
Rapporté aux quelque 20 300 € HT mensuels d'un poste de gardiennage permanent, l'écart dépasse 90 %. La comparaison reste indicative, puisque les deux prestations ne sont pas identiques, mais elle montre pourquoi la surveillance robotisée change l'économie de la sécurité des sites.
Sources
- Devis de gardiennage 2024 (Goron Sécurité), publié par la Préfecture de Loire-Atlantique
- Service-public.gouv.fr : durée du travail d'un salarié du secteur privé à temps plein
- Security Magazine (2018) : rapport IDC sur les robots de sécurité
- Hemmerich et al., Frontiers in Cognition (2025) : vigilance et baisse d'attention